[Critique ciné] 9 doigts, fulgurante diablerie – Le Vif

THRILLER PARANOÏAQUE | F.J. Ossang signe un exercice de style à rebours total des canons actuellement en vigueur dans le cinéma français.

u coeur des ténèbres. Ça commence comme un film noir, très noir, où des gangsters stylés aux lunettes fumées préparent un mauvais coup depuis leur planque. Mais au huis clos terrestre s’en substitue bientôt un autre, maritime celui-là, la bande embarquant sur un cargo au tonnage radioactif qui transforme la traversée en voyage au bout de la nuit et de la démence. Simples pantins manipulés, les passagers s’accrochent alors aux mots comme à autant de bouées trompeuses tandis que leur prison flottante dérive vers une île fictive semblant concrétiser la somme de toutes leurs peurs… Bienvenue chez F. J. Ossang, (Le Trésor des îles Chiennes, Dharma Guns), cinéaste-sorcier adepte de l’hypnose. Ses images sublimes, fantasmes d’un autre temps, convoquent les fantômes du cinéma des années 20 et 30, citant le Nosferatu de Murnau comme le Vampyr de Dreyer dans un grand opéra d’ombres et de lumière. Les éternels rieurs, bien sûr, trouveront matière à torpiller cet exercice de style portant la théâtralité, et même la fausseté, en étendards, à rebours total des canons actuellement en vigueur dans le cinéma français. Aux autres la promesse d’un envoûtement, d’une fascinante diablerie où le mystère et l’hermétisme culminent en fulgurants jaillissements poétiques.

 

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Le 9 Doigts tour continue a Montpellier…

AVANT-PREMIERE de 9 DOIGTS film de F.J. OSSANG
au CINEMA DIAGONAL de MONTPELLIER Mardi 3 AVRIL à 18 heures
+ Rencontre F.J. OSSANG à l’UNIVERSITE PAUL VALERY
de MONTPELLIER Mercredi 4 avril à 15h 30

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Itw – Ossang/Guillebon – La revue littéraire 2015

ENTRETIEN FJ OSSANG avec Jacques de GUILLEBON

Poète, cinéaste, musicien, FJ Ossang déploie son art depuis trente-cinq ans. Il prépare en fin d’année le tournage d’un nouveau long-métrage provisoirement intitulé 9 DOIGTS.

Tu voulais être pilote course, et puis médecin, il paraît. Finalement, tu n’es que poète, éditeur, cinéaste, musicien. Pas trop déçu ?

Je ne regrette rien. Si, pilote de course peut-être… Pilote de chasse, de moins en moins – après les Guerres d’Irak et la guerre civile en Yougoslavie. Mèdecin? c’est encore une des rares fonctions humaines utiles — et puis il y a ce plus ou moins libre accés aux toxiques.

Poète ou éditeur sonnent complètement démodés. Romancier fait dans l’actuel. Cinéaste, c’est la classe en voie de disparition…

Tu as commencé avec le mouvement punk. Ça voulait dire quoi ?

Sérieux! – à quoi bon annonner l’abrégé d’un piège biographique. Le punk n’existe pas, sinon comme théorie d’un pragmatisme : comment survivre à l’histoire, conspirer le suicide d’un maximum de cyniques – imbéciles! C’est tout ce qu’il reste, quarante ans plus tard.

Idiot cette affaire : à présent tout devient punk dés lors que c’est informe et véhément. Mektoub, c’est écrit : “Nous finirons bien par vieillir!”

Personnellement j‘ai décidé de ne plus me souvenir de qui j’ai cru être. D’abord ça n’intéresse personne, et puis il y a des documents, films ou écrits –

La Biographie est une ogresse qui veut chaque matin sa pâture, et quand elle ne l’a pas, elle mâche à vide…” (Barbey d’Aurevilly)

Aussi loin que je me souvienne, c’est à dire à partir de l’âge de conscience après la petite enfance, nous appartenions tous à une communauté pour qui le système était l’ennemi mortel – et le système d’au moins les deux siècles derniers… Instinctivement, tout ce qui visait à fuir ou abattre son emprise, était bon – quelqu’en soit l’obédience politique. C’est peut-être cela le punk – au delà d’une dominante libertaire…

« De la destruction pure » s’appelait ton premier groupe. Regrettes-tu ? D’avoir voulu tout détruire, ou de ne pas y être arrivé ?

LA DESTRUCTION – la destruction PURE! Tout est là – commence et finit là : nous sommes à l’Occident, où la philosophie ne consume que de A jusqu’à B — ensuite il n’y a plus le temps. DESTRUCTION par usure active, ou bien désaffection. Ici RIEN ne dure. Alors? Alors quoi! Ne me souviens plus! 1815, si: 1815! Et puis Dien Bien Phu 54! Fascinant mélange de refus, division floue, répulsion – douleur atroce, IGNOMINIE. Tactique, politique, essentielle – non : stratégique!

Tout doit finir ?

C’est la nation qui doit couler! “Si tu veux faire chier les Blancs, dis juste : DIEN BIEN PHU!” (avec Jean-François Charpin, 1978)

(L’idée de Nation angoisse – l’Empire élargit)

D.B.P. La Bataille – Effarante éventration de l’ex-empire français qui se suicide pour toujours dans une communion de sang INOUIE – qui dépasse les races et l’appat du gain – soldats de carrière, blancs, noirs rouges verts arabes – ils sont tous là, meurent éventrés affamés crucifiés en déportation par la maladie du rat – et puis ils partent dans l’histoire INDICIBLES – enfin c’est aussi ça le punk : DIEN BIEN PHU adios – si tu veux faire chier les Blancs : dis juste DIEN BIEN PHU!

Tu es hanté par les défaites, comme Dien Bien Phu : vis-tu de la destruction et la fin de toute chose, ou malgré elles ?

Hantise de la défaite, si l’on veut… J’ai brièvement évoqué Dien Bien Phu comme date butoir, et “terminal où tout le monde descend”. Expérience militaire ultime renvoyant dos à dos adversaires, partenaires, idéologues, pathologues – toute une époque s’achève brusquement – qu’on l’ait rêvé ou redouté, la réalité dépasse tous les entendements. Imbécilité stratégique, torturation génésique ou distopie prophétique revenue de Port-Arthur 1905, c’est terminé, rapé, et existenciellement atroce pour ceux qu’on abandonne sur le terrain. C’est un signe fatal des temps.

A part ça, à part ça, la défaite est gravée dans nos gènes. Il faudra s’y coltiner – comme à une faillite. J’admire cette espèce de seigneurs qui affronte sans problème lisible la misère soudaine, pour voyager dans une sorte de mutation humaine – autant que ceux qui se donnent la mort, jugeant que ce n’est plus possible. Qui vivra verra… De toute façon la Défaite est une épreuve imposée. Elle viendra – mais dans quels yeux!

L’idée de Victoire – pas forcément la victoire objective, sociale – mais ludique… C’est l’idée que la vie reprend ses tours, comme un moteur – à haut-régime…

Dans ton Ode à Pronto Rushtonsky, ce camarade musicien de ton deuxième groupe MKB Fraction Provisoire, suicidé il y a vingt-cinq ans, tu parles de ce «  goût de mourir vite, et ce besoin de tenir jusqu’au bout que partagent les assassins classiques » : c’est un paradoxe que tu appliques à tous les punks dans ton genre ?

Ce goût de mourir vite, / et ce besoin de tenir jusqu’au bout / que partagent les assassins classiques” – c’est un extrait de la chanson MKB : VICTOIRE…..

Je n’y vois pas exactement de paradoxe : aller jusqu’au bout de ce qu’on s’est juré d’accomplir – ou de défaire, mais à la fois considérer la difficulté (le doute existentiel) de durer personnellement.

Classique du rock’n’roll : Too Young To Die / Too Fast To Live –

Le rock’n’roll a toujours incarné à mes yeux une sorte de revitalisation de la voie littéraire – la plupart de ses sloggans existentiels sont une relecture, un détournement de formules-clefs appliquées autrefois à la Poésie : “R’n’R – you can get it – you can lose it” — La poésie, tu peux la trouver, l’avoir – et puis la perdre…” Rien n’est jamais acquis, gagné, donné – ce qui se gagne dans l’éclair, se perd aussi vite… Rien à voir avec le travail du littérateur —

Après que la poésie ait cessé d’être un mode de vie, d’appréhension active du monde (comme la voie humide / ou / la voie sèche de l’Alchimie), le rock’n’roll a continué de l’être pour ma génération — suite d’épreuves où le magique, le grégaire, le profane, passent tous les modes – du prostitutif au sacré, avec un génie proprement IDIOT… Il y a ces fois où le ciel tombe jusqu’à nous, et puis d’autres où il dévisse – on se relève, ou pas… Exactement comme tout ce qui existe, passé en accéléré…

Jusqu’au bout – le terme est valide pour l’amour, la conspiration, la poésie, la stratégie — & mourir vite puisque la dialectique peut exiger qu’on disparaisse: trop d’usure, de fatigue, conduit à l’imbécilité, à la corruption – et c’est foutu… Tomber disparaître avant qu’on épuise le crédit de tous les vertiges. Punto – la révolution est finie, c’est la défaite –- une balle, c’est écrit : nous valons juste le prix d’une balle…

Tu as beaucoup voyagé pour ces tournages, les Açores, le Chili, la Russie et son Asie pacifique, l’Argentine, le Portugal, mais tu reviens toujours à ton Cantal natal. Tu es un antimoderne qui résiste au déracinement ?

J’ai tourné la plupart de mes films comme un étranger – les premiers à Paris, alors que j’arrivais de Toulouse : La dernière énigme, Zona Inquinata, L’Affaire des Divisions Morituri… sont tournés sans recul, sans éluder la dimension exotique ou mythologique de lieux ou de monuments de Paris, qu’il s’agisse des fossés du Fort de Vincennes, de la Rue Watt, du Quai de la Gare, ou des soubassements de la Tour Eiffel. Curieusement d’ailleurs, un certain nombre de décors filmés a disparu: Usines Citroen du Quai de Javel, La Villette, les alentours du quai de la Gare dans le XIII°… Disons que j’étais hanté par des non-lieux, des espaces suburbains, une périphérie mythologique échappant au contrôle – et ces films du début, tout en étant souvent rejetés par les cinéphiles français de l’époque, me semblent ressortir d’une attraction vitale pour le ciné français : Jean-Pierre Melville, Jean Vigo, ou Guy Debord sont plus ou moins directement cités, au même titre que La Grève de SM Eisenstein…

Et puis mon entrée dans le monde professionnel du cinema français s’avérant des plus difficiles entre l’Affaire des Divisions Morituri (tourné en 1983) et Le Trésor des Iles chiennes (1990), j’ai délibérément choisi de marcher sur les traces de Raul Ruiz au Portugal dés 1986 – ce qui me convenait autant d’un point de vue littéraire, puisque j’évoluais avec dix ans de retard dans l’ombre agitée de Dominique de Roux, dont la publication du grand roman sur la fin de l’empire colonial portugais Le Cinquième Empire a justement coïncidé avec sa propre mort en 1977 – sans parler de Raymond Abellio qui le préface…

Dés lors je me suis retrouvé sur l’un des derniers fronts du cinéma européen indépendant : le Portugal 80/90 – le pli était pris, je n’ai plus cessé de voyager pour les films, comme pour la vie – foulant des lieux où cela était encore possible : vivre, ou tourner plus ou moins librement — sans être acculé ni rançonné par un coût de la vie coercitif, ni des coûts de production prohibitifs… En tous cas, mes films se sont rapidement avérés possibles à produire uniquement à cause de co-productions étrangères : France-Portugal, France-Chili, France-Russie – France-Italie-Portugal pour le film à venir…

Par la suite, j’ai cru parcourir et rechercher en voyageant les différents états d’une sorte d’archéologie affective et magnétique – volcans actifs des Açores, architectures modernes vieillies ou démodées, correspondant à mon enfance?… Je ne saurais dire, en tous cas le monde hispanique ou slave est toujours là, sur fond de film noir ou de série B d’outre-Atlantique.

Moderne – Antimoderne? Je ne saisis pas bien ce dernier concept. Oppose-t-on le Grand Siècle aux “modernes” qui suivent – le moderne au post-moderne?

Cela me semble d’autant plus vaseux que nombre d’ « antimodernes » usent et abusent du machinisme numérique, et chevauchent souvent la spéculation virtuelle, la mise en abstraction post-moderne…

Le point de vue n’est guère évident : les dits cinéastes “classiques” se révélant aujourd’hui précisément les “modernes”– SM Eisenstein, Fritz Lang, … – opposés aux révisionnistes ou post-modernes…

Quant au Cantal – c’est encore un voyage intérieur — lieu que j’ai fui dés ma prime jeunesse (après y être effectivement né), pour retrouver plus tard la modicité de son coût de la vie –- la boucle étant bouclée, parce que c’est aussi peu post-moderne que le fond du Chili, du Portugal ou de la Castille… “I am Natural Born Déraciné”… Forcément Moderne & Antimoderne.

« Voyager est Nécessaire – Vivre n’est PAS nécessaire » : c’est le principe des Navigateurs Portugais repris à son compte par Fernando Pessoa. Et c’est notre vérité MODERNE, qu’Arthur Rimbaud a lui aussi mise en œuvre. Impossible de retourner en arrière – avancer, avancer toujours, jusqu’à refermer la boucle sur elle-même, plus question de rebrousser chemin ni même de le fixer : derrière nous, tout est définitivement CORROMPU, faussé, mis en tourbe…

En revanche DEVANT, droit devant – tout est possible à commencer par notre DISPARITION. Nous avons manqué tant de fois disparaître – nous, c’est à dire soi-même & les nôtres…

Tu refuses de tourner autrement qu’en argentique et en 35. Dandysme, ou choix technique nécessaire ?

Le cinéma est plus excitant que le phosphore, plus captivant que l’amour…” (Antonin Artaud)

Le cinématographe se tourne en film, c’est à dire sur pellicule – depuis 1896, et jusqu’à maintenant. Je ne vois pas de raison de passer brusquement à la video numérique, alors que j’ai tourné des films de petit budget en super-8, 16 mm et 35 mm. Le mensonge généralisé en faveur du tout-numérique me fatigue tellement que j’ai écrit un livre à ce propos : MERCURE INSOLENT (Armand Colin, 2013). Extrait page 107 :

Nous sommes là dans le crépuscule. On nous inonde de prophéties numériques – tout sera filmé demain, enfin le cinéma de tous par tous, la mémoire des lieux et toutes les expériences enregistrées selon un cadastre magnétique coupé, recoupé, lacé au plus serré – vérifiable – plus d’inconnu, de mystère, de baroquisme – juste chiffre froid, que l’on ne monte plus, mais dérushe, trie, analyse… Ici l’immeuble hlm du tueur, toutes les rafales commentées au moment de l’attaque finale (on n’entend plus l’évidence de chaque tir) – lui-même a filmé chacune de ses tueries au moyen d’une caméra grand-angle sanglée sur sa gorge, ou sa poitrine… Tout est là, on peut voir sur internet… Pff…

Les post-cinéastes reconstituent avec un effet de vérisme stupéfiant ! – le flou, rien à voir, la digression imparable du flou, 9 caméras à la fois, sous tous les angles – et alors ?! Walter Benjamin avait prédit une reconduction du tactile et du visuel sous l’effet de l’accoutumance, sauf que ça ne marche plus… Trier n’est pas jouer, ni monter… Brouillard, on éteint les tv et tout l’internet… Ennui profond, accoutumance rapide certes – ennui… Suspicion générale – et si tout cela n’existait pas ?! Les Tours du Wall Trade Center ne sont pas tombées comme cela – des charges étaient placées ici, ici, et là – regardez : l’immeuble s’effondre dans un tremblement latéral, et non point vertical – constipation mentale non : conspiration psychique – atomisation politique de l’image…

Fatigue ! L’image visible tue le réel… Pornographie globale, tout voir – tous les angles, sauf que les angles n’existent plus – tout est faux…

Personnellement cet univers me lasse.

L’Image est un cancer… J’aimai l’art aveugle du cinématographe – et puis je mourus…”

Tu as bien connu Joe Strummer : peux-tu en dire quelques mots ?

J’ai tourné avec Joe Strummer le film DOCTEUR CHANCE (1997). Il y incarne un personnage nommé Vince Taylor, comme l’auteur de « Brand New Cadillac ».

Après sa mort le 22 décembre 2002, on m’a souvent demandé d’écrire, ou de parler de Joe Strummer. Je n’y suis jamais parvenu…

J’ai relaté des faits relatifs à notre rencontre, et à sa liberté incroyable – NATIVE, on pourrait dire, inactuelle. Joe Strummer avait une sorte de génie vital. DOCTEUR CHANCE est d’ailleurs un titre de travail – ou de guerre, du film qu’il m’a incité à conserver, au détriment de celui du script initial: AU NORD DE L’AURORE. Le tournage s’est intégralement effectué sous le signe de la Chance, du Péril, du Risque… La Mèdecine du Péril a marché : sans être un succés commercial, le film a marqué la nouvelle vie de tous ceux qui ont vécu son tournage comme une expérience totale.

Joe Strummer, Dominique de Roux, Guy Debord, William Burroughs, Claude Pélieu…

Joe Strummer avait l’art des nuits blanches. Toute la nuit on dérivait, de bar en bar, avec cette lenteur professionnelle dans l’ivresse que j’attribue toujours à quelque mythologie britannique. A Paris, on pouvait deviser du soir au petit jour, deux heures avant le départ du bus de son groupe pour Bruxelles! Je me souviens la dernière nuit – l’on s’est quitté vers 7 heures du matin après une dernière tournée au Chat Noir à Pigalle. Il devait rejoindre sa femme, et m’a dit : – “je reviens…” – Et l’on ne s’est plus revus…

Dominique de Roux est l’auteur d’au moins 4 livres fondamentaux, mais il a curieusement joué en tant qu’éditeur (de l’Herne, de Bourgois et 10/18) le rôle de passeur d’un André Breton. Translation de l’anthologie de l’Humour Noir jusqu’à LF Céline, WS Burroughs, HH Ewers, Ezra Pound ou HP Lovecraft!

Son livre “La mort de LF Céline” est un manifeste de la littérature contre tout en 1965! Relire son “Witold Gombrowicz” puis “Immédiatement” (72)!

Je me souviens de leur découverte en 1976 dans une librairie de Toulouse en même temps que “Journal Paris-Berlin” de Gombrowicz (chez Bourgois), du « Cahier de l’Herne n°7 : William Burroughs / Claude Pélieu / Bob Kaufmann », de “Manifestes du Modernisme Portuguais” de Fernando Pessoa à Champs Libre! Un autre monde avait surgi! Grandiose et idiot – en absolue contradiction, en complète hostilité poétique avec l’abrutissant monde culturel dominant – ou dominé…

Et Guy Debord, génie désaxant qui commanda à la réification générale – soudain, tout recommençait!

Debord inspirait la crainte nécessaire, et l’excitation – nous étions 20 ans après la création de l’Internationale Situationniste (1958), et l’opprobre après la Véritable Scission de 72 frappait les suivistes & les ignobles – les Pro-Situs, insulte suprême…

Redécouvrir la force de l’insulte par L’IS – à commencer par l’Homme d’Etat, pouvant aussi bien qualifier Staline, de Gaulle, Mao Tsé Toung, Mussolini que Malraux! Surtout Debord nous fit découvrir la Stratégie – Karl von Klausewicz, “De la Guerre” et “La Campagne de France de 1814” puis 1815! Désastre infini – rationnel. La DEFAITE, moins la catastrophe.

Quoi nous guette à présent! Probablement l’ATROCE… – En ce sens la vitalité d’un Dominique de Roux n’est pas si loin des imprécations de l’IS – Hegel en moins. Guy Debord et l’IS ont radicalement libéré notre génération de la concupiscence de certain pouvoir culturel à l’époque en vigueur : terreur crétiniste & baratin critique!

TOUT REDEVINT POSSIBLE par la grâce d’un terrorisme salutaire –

LA REVOLUTION AU SERVICE DE LA POESIE! Debord Poète Stratège!

In girum imus nocte et consumimur igni… ou Panégyrique figureront nécessairement au fronton de notre Fin…

Tout a suivi ! L’insurrection punk, l’existentialisme de la destruction, + tous les pragmatistes de la poésie-suicide… A présent – à présent, où sommes-nous? Dans une situation pré-insurrectionnelle… Ou PRE-REVOLUTIONNAIRE !

Voyons VOIR : A L’ATTAQUE!?

23 Aout 2015

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10.27: A feu et Ossang

A retrouver avec Benoit Delaune sur la page de la radio En attendant Godard

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Le film que vous allez rater : 9 Doigts

N’attendez pas que ça devienne culte pour vos gosses, soyez des jeunes gens (post-)mödernes et foncez le voir maintenant au cinéma.

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L’iris de François-Jacques Ossang

A lire sur le site de l’AFC

https://www.afcinema.com/IMG/jpg/m_iris_fjo.jpg

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9 Doigts sur TV5 Monde

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F. J. Ossang (“9 Doigts”) : “A l’âge d’or du cinéma, rien n’était trop beau pour le grand public” – Telerama

Fasciné par le cinéma muet et ses maîtres, contraint à une “nudité budgétaire”, mais attaché à l’argentique, F.J. Ossang pratique un cinéma radical et hors normes, dont “9 Doigts”, son dernier film, se veut l’ambitieux manifeste.

Aussi original que son nouveau film, 9 Doigts, aussi aventureux et aussi visionnaire, F. J. Ossang est un artiste qui a toujours fait pour le cinéma un rêve radical. En 2018, il continue à dialoguer avec les réalisateurs du temps du muet. Et avec les écrivains qui ont donné à l’aventure ses lettres de noblesse. Poète et musicien aussi, F. J. Ossang (François-Jacques Ossang de son vrai nom) ressemble aux personnages légendaires qui peuplent son cinéma. Mais il sait aussi se prêter au jeu de l’interview.

lire la suite sur telerama

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« 9 doigts » : virée paranoïaque dans un monde devenu illisible – Le Monde

Huit ans après Dharma Guns (2011), l’astéroïde François-Jacques Ossang (dit « F. J. »), précieuse anomalie du cinéma français, revient obombrer les écrans d’un nouveau dédale filmique en noir et blanc, ou plutôt « en pétrole et acier ». Poète et musicien autant que cinéaste, l’homme est le père d’une filmographie d’inspiration post-moderne, hantée par les images et les sonorités antérieures – celles du cinéma muet, de la musique industrielle, du roman noir ou d’anticipation –, et le chantre néoexpressionniste d’un monde au bord du gouffre, où ne s’entrechoquent plus que des êtres à la dérive.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/03/21/9-doigts-viree-paranoiaque-dans-un-monde-devenu-illisible_5273995_3476.html#MTBsJKFHZgiyMR8z.99
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Bienvenue en enfer – Mad Movies

Le punk F.J. Ossang nous emmène dans un étrange voyage qui part du film noir pour déboucher sur la science-fiction la plus folle, et où les références intimidantes comptent moins qu’une approche sensorielle propre à stimuler l’imaginaire du spectateur.

« Je lis souvent que mes films sont « référencés », et c’est une formule que je n’aime pas beaucoup. Comme s’il fallait être initié pour y entrer. Alors que je remarque que mes films plaisent souvent aux enfants, ou à des gens qui n’ont pas nécessairement une vaste culture cinématographique, et qui ne vont pas chercher à comprendre ces « références ». » Ainsi parle F.J. Ossang dans le dossier de presse de 9 doigts, et il a sans doute raison. S’il n’a tourné que cinq longs-métrages en 33 ans, c’est en partie à cause d’un certain discours, réduisant ses œuvres à une savante compilation d’éléments de récup. Et il y a effectivement là un gros malentendu. Cela peut bien sûr sembler paradoxal, le bougre ayant un style immédiatement reconnaissable : noir & blanc hyper-travaillé qui évoque les avant-gardes du cinéma muet, traces de série noire, dialogues littéraires (ici, des portions entières des Chants de Maldoror de Lautréamont), arrière-plan de complot global dont le spectateur ne perçoit que des bribes éparses, etc. Mais là n’est pas l’important, car les références ont ceci de particulier que chacun a les siennes, différentes de celles des autres. Bref, vous aurez votre propre bagage pour monter à bord de 9 doigts.

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