F.J. Ossang, “Ce curieux atour des ténèbres”, lu par Vincent Degrez

Été 1920. Le baron Ungern, devenu chef de guerre indépendant, entre en territoire mongol à la tête de sa Division de cavalerie asiatique (surnommée la « Division sauvage »). Printemps 2020. La France entre en territoire de pandémie et de confinement.

Ce curieux atour des ténèbres plonge certaines de ses racines dans de multiples lectures autour de la guerre civile russe 1905-1945. F.J. Ossang cite alors Ungern en vue d’un possible film, entendu comme « retour aux sources de la jeunesse ». Un film impossible, en raison de l’ampleur du propos et des moyens nécessaires, mais aussi de la personnalité même d’Ungern, cet « être de fureur froide », « être d’une nuit noire – et de sa révélation ».

Face à ce mur matériel, et devant l’entreprise du présent livre, l’auteur interroge sa propre fonction, celle de rassembler les innombrables fragments de doute qui dépassent le doute de soi afin d’embrasser « la dispersion volatile, apparemment illogique de notre monde ». D’autant qu’un abîme sépare ceux qui écrivent « leur » Ungern en brodant « autour d’un nombre raréfié de faits », et un narrateur qui, à trop vouloir engager un monde dispersé (« Ai-je trop lu, c’est probable »), percute l’interdiction de raconter l’histoire d’Ungern, histoire qui multiplie ses échos de violence jusqu’à aujourd’hui.

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Maison de la Poésie de Nantes

31 mai 2023

Variations d’image

SUZANNE DOPPELT ET F.J. OSSANG
lectures
Mercredi 31 mai à 19h30, Le lieu unique
Quai Ferdinand Favre, Nantes. Entrée libre.
En coproduction avec le Marché de la Poésie (Paris)

S’inscrivant dans la périphérie du Marché de la Poésie, la soirée de clôture de saison de Poèmes en cavale sera dédiée à la poésie et ses liens avec l’image photographique et cinématographique avec les auteurs Suzanne Doppelt et F.J. Ossang.

Suzanne Doppelt est écrivaine, éditrice et photographe. Impliquée dans plusieurs projets éditoriaux, elle dirige notamment la revue Détail et la collection « Le rayon des curiosités » chez Bayard. Photographie et littérature sont indissociables dans son écriture. Le regard initie le texte, à partir d’un objet ou d’une photographie comme continuité de l’instant suspendu, exploré de sa prose poétique qui multiplie les points de vue et perceptions. Son dernier ouvrage, Et tout soudain en rien (P.O.L, 2022), s’inspire du film Blow up de Michelangelo Antonioni (1966) : un photographe se perd dans l’image d’un couple photographié à son insu dans un parc, persuadé d’être le témoin d’un meurtre, doutant de ce qu’il voit, croit voir, ne voit pas.

Frédéric Jacques Ossang est poète, écrivain, musicien et cinéaste. Ses textes poétiques intimes puisent tout autant leur inspiration dans la littérature beat de William S. Burroughs que dans Céline ou Antonin Artaud, Jacques Vaché ou Rimbaud. En septembre 2022, la collection Al Dante des Presses du réel réédite Génération néant, livre punk écrit en 1980 alternant textes poétiques et roman noir sur cette génération néant qui défoule une violence extrême dans la poésie et la musique, comme celle d’avant le faisait par les armes.
Il a réalisé une dizaine de films, témoins d’un monde malade et chaotique, revisitant le polar et le récit d’anticipation en s’inspirant notamment du cinéma allemand et russe des années 1930. Il est également le chanteur de MKB Fraction Provisoire, qui débute avec le punk en 1981 pour se diriger ensuite vers la musique industrielle, et forme le groupe Baader Meinhof Wagen avec Mr. Nasti en 2007.

Suzanne Doppelt © Suzanne Doppelt POL

F.J. Ossang © Renaud (Montfourny)


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Ce curieux atour des ténèbres

Nouveau livre de FJ Ossang, à paraître en mai chez Le Corridor Bleu

Avec cette belle couverture, pour 96 pages, et ci-dessous le formulaire de souscription pour 12 petits euros 😉

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Génération Néant, ressortie du livre aux Presses du réel

Réédition du livre punk culte de l’artiste (transgenre : cinéaste, musicien, poète, écrivain…) Ossang, aujourd’hui introuvable.

Écrit en 1980, publié en 1993 par Warvillers et Via Valeriano, ce récit de colère froide et totale décrit une génération néant qui utilise, dans une logique radicalement punk, la musique et la poésie avec une violence extrême, comme leurs aîné.e.s ont utilisé les armes sans que rien n’empêche la logique suicidante de notre civilisation.

« Les plaintes et les regrets ne servent plus à rien : il n’y aura ni pardon, ni salut. Les dieux sont morts et leurs fantômes
sont des radiations mortelles.
Les armes, la terre, le sang perdu.
La continuité des lignées semble s’être rompue, pour toujours. Il reste des emblèmes funéraires, et le trouble que procurent les dessous féminins.
La lignée, l’énigme de la terre et du sang. Nous sommes les vampires de l’Antécristal. Absents, nous sommes absents du monde. Oculatus Abis.
Apatrides transeuropéens. Revenants. Revenants néants.
Nous sommes les revenants de la Génération Néant. »

Nouvelle édition de l’ouvrage publié par Blockhaus & Warvilliers + Via Valeriano en 1993.

Pour commander : c’est ici

(Note de lecture), F.J. Ossang, Génération Néant, par Vincent Degrez

Introuvable depuis sa publication en 1993, Génération Néant a été réédité en septembre dernier aux Presses du réel/Al Dante. Et à relire ce texte exceptionnel, dans la littérature française comme dans le parcours de F.J. Ossang, on mesure à quel point il fait dans celui-ci fonction de creuset alchimique.

Ce livre-somme de plus de 400 pages se déploie comme une Divine Comédie à rebours, s’inscrivant au début du parcours de son auteur plutôt qu’à son accomplissement. Dans Génération Néant, F.J. Ossang tisse déjà mille motifs qui lui sont propres, inventorie formules-chocs, personnages-clés (et, pour certains, avatars peut-être de l’auteur), indices autobiographiques. Sa prose fragmentée reprend, amplifie et annonce nombre de livres passés et à venir. Plus encore, Génération Néant résonne des premiers cris de ses futurs films, le politico-punk L’Affaire des Divisions Morituri (1985) et l’apocalyptique Le Trésor des îles Chiennes (1990) en tête, et des incantations de DDP (De la Destruction Pure) puis MKB (Messageros Killers Boys), ses groupes de punk et noise’n’roll respectivement.

Chez F.J. Ossang, tout est chaos déchaîné et structure fractale. Micro et macrocosme s’entrelacent, le tout est dans la partie et le morceau préfigure l’ensemble – même si rien n’est tout à fait intervertible, car « l’envers de l’envers n’est pas l’endroit », entend-on dans son troisième long-métrage, Docteur Chance.

Pour lire la suite c’est par ici

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Regarder Silencio sur la Cinéthèque

SILENCIO (20′, 35 mm NB – France-Portugal 2006)

Un film de F.J. OSSANG – Prix Jean Vigo 2007

En ligne sur la CINETEK – Cinémathèque des Réalisateurs

A partir du 29 SEPTEMBRE 2022

Un choix de Yann GONZALEZ

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Ossang dans les Cahiers du Cinéma

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ITW Ossang sur Chaos Reign

à retrouver ici

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La noirceur décalée de FJ Ossang, Le Monde 24 aout 2022

Le Monde
Culture, mercredi 24 août 2022 p. 14
Rencontre
La noirceur décalée de F. J. Ossang
Héritier des situationnistes, le cinéaste et poète signe une œuvre étrange
Clarisse Fabre


Rendez-vous au bistrot Chantefable, à Paris (20e arrondissement), où les poètes se
réunissaient autrefois à des heures tardives pour chanter. Du texte et de la musique, punk et
industrielle, voilà justement le carburant du cinéma de F. J. Ossang, 66 ans, tempes rasées et
cheveux coupés en brosse. Natif du Cantal, le jeune homme bifurqua à Toulouse, où il créa la
revue Cée ainsi que les Céeditions, lesquelles publièrent des textes des poètes « Beat »,
William Burroughs et Claude Pélieu, du surréaliste Stanislas Rodanski…
« Ce temps n’a besoin ni de poètes, ni de guerriers, mais de poètes guerriers ! », écrit Ossang
dans Génération néant , paru en 1993 chez Warvillers et Via Valeriano, et réédité en juin aux
Presses du réel (432 pages, 23 euros), alors que ressortent en salles en version restaurée,
mercredi 24 août, ses trois premiers longs-métrages – L’Affaire des divisions Morituri (1985),
Le Trésor des îles Chiennes (1990) et Docteur Chance (1997), seul film en couleurs de toute
son œuvre.
Cette trilogie-culte, insurrectionnelle, revisitant le polar et l’anticipation, est aussi hantée par
les chefs-d’œuvre du cinéma allemand et russe des années 1930 (Friedrich W. Murnau, Fritz
Lang, Sergueï Eisenstein…), qu’Ossang découvrit à la Cinémathèque de Toulouse.
S’ajouteront bien plus tard deux « longs » hypnotiques, Dharma Guns (2010) et 9 doigts
(2017), qui valut au cinéaste le Prix de la mise en scène au Festival de Locarno, en Suisse.
Ossang obtint aussi le prix Jean-Vigo en 2007 avec le court-métrage Silencio , condensé de
gris sublimes. Au total, une dizaine de films, dont les récits de production sont à eux seuls des
romans d’aventures cabossées. Le cinéma est « une épreuve terrible, à chaque fois, c’est un
peu terreur sur Terre » , résume l’intéressé, entre Docteur Chance et Mister Bad Luck.
Ecrivain, poète – son premier recueil écrit à 17 ans s’intitule Ecorce de sang – , Ossang fut
aussi chanteur et pilier de groupes punk. « Le premier s’appelait De la destruction pure
(DDP). Ensuite est né Messageros Killers Boys (MKB) Fraction provisoire. Tout est
provisoire, je le sentais déjà à l’époque?! Mais le punk était une belle aventure qui
transcendait toutes les classes » , explique le cinéaste, qui intégra en 1982 l’Institut des hautes
études cinématographiques (Idhec) à Paris, ancien nom de la Fémis.
Films labyrinthiques
Dites «?Ossang?» et un cercle de cinéphiles a les yeux qui brillent, tant le souvenir de ses
films labyrinthiques imprime la rétine, avec leurs messages envahissant l’écran, comme sortis
des «?cartons?» du muet. Son œuvre est constamment éclairée par les critiques (Nicole
Brenez, Gabriela Trujillo…), ainsi que par Michèle Collery, autrice de F. J. Ossang. Cinéaste

à la lettre (Rouge profond, 2021) – laquelle signe en août un article dans la revue en ligne TK-
21 .
Ossang défend un cinéma plus bruitiste que parlant. « Ce qui était passionnant dans l’âge d’or
du cinéma muet, c’est que les œuvres étaient accompagnées par l’élite de la poésie du début
du XXe siècle. Ce sont des récits par réseau, non linéaires, et cela m’avait ébloui » , dit-il.
D’où le choix de creuser un sillon, le film « muet sonore , tendance “noise’n’roll” » . « Les
groupes me paraissaient être les partitions des films à venir. Mes collègues cinéastes, je les
trouvais très réactionnaires dans leurs bandes-son ! »
Héritier des situationnistes, Ossang travaille une noirceur décalée, artisanale, avec ses brumes
émanant de la fumée de pneus (une autre époque?!), ses dialogues au second degré. « Il y a de
l’humour dans tous mes films, que l’on ne voit pas toujours. J’appelle ça de l’humour
ultraviolet. » Quant au noir et blanc, il dissout le temps. « On est tout de suite dans la
déterritorialisation, avec quelque chose de cosmique entre le visage et les paysages. »
Ossang a le sens de la formule : « Le cinéma est un art aveugle , dit-il. Quand on tourne en
pellicule, on ne voit pas les rushes tout de suite. On les découvre plus tard et de toute façon,
on n’a pas l’argent pour refaire la scène. Tous mes films sont faits comme ça, sans filet. C’est
ce qui apporte quelque chose. Il y a une tension collective, on tente des choses… »
Poussières d’étoiles sur nos écrans?: tels des météorites, les premiers films de F.?J.?Ossang,
tournés en pellicule, semblent avoir traversé les décennies sans avoir perdu un ASA de leur
incandescente noirceur. Trois longs-métrages restaurés, L’Affaire des divisions Morituri
(1985), Le Trésor des îles Chiennes (1990) et Docteur Chance (1997),achèvent leur course et
s’apprêtent à atterrir dans les salles, à partir du mercredi 24 août, à Paris, Marseille (Shellac),
Lyon (Comœdia) ou Rennes (au cinéma du Théâtre national de Bretagne), etc. Les
(re)découvrir, c’est renouer avec la splendeur des films expressionnistes allemands et russes,
tout en découvrant une terre inconnue, sans passé ni futur, un noir et blanc parfois teinté de
couleurs éventées, sur fond de musique industrielle.
On pourrait aussi user de la métaphore du bolide, Ossang ayant fait irruption dans le cinéma
comme une cylindrée en sortie de route – d’ailleurs, le cinéaste, poète et ex-pilier de groupes
punk raconte souvent qu’il rêvait d’être pilote. Adieu au code et au langage classique du
cinéma : l’admirateur de Jean-Luc Godard et de Guy Debord imprime son univers no future
dès son premier « long », L’Affaire des divisions Morituri , qui causera quelques remous à
Cannes, en 1985. Cette histoire de gladiateurs à crête – interprétée par les membres d’un
groupe proche d’Ossang, Lucrate Milk – n’était pas du goût de tout le monde, évoquant par

bribes les affres de la Fraction armée rouge, groupe terroriste de la «?bande à Baader?». Près
de quarante ans plus tard, ce film de fin d’études, tourné en trois semaines, produit l’effet d’un
rêve halluciné, images par saccades d’un gris bleuté –?Maurice Ferlet à la caméra.
Roman d’espionnage
Le soleil cuit dans Le Trésor des îles Chiennes , tourné dans l’archipel des Açores en
CinémaScope – Grand Prix au Festival de Belfort en 1990. Un ingénieur a découvert la
synthèse artificielle de deux substances fondamentales, permettant la production d’une
nouvelle source d’énergie (l’oréon) – celle qui nous manque tant aujourd’hui. Spectre d’une
menace nucléaire et d’un virus destructeur… Sous l’œil du directeur de la photographie,
Darius Khondji, l’humanité se consume en plan large, le visage d’une femme (Mapi Galan)
émergeant d’une eau grisée.
Après le bateau, l’hélico, on embarque dans le cabriolet rouge vif de Docteur Chance (seul
film en couleur d’Ossang), avec Joe Strummer (1952-2002), le leader de The Clash incarnant
un aviateur rebelle, et Elvire, comédienne et compagne de route de F. J. Ossang, une danseuse
de cabaret. Le roman d’espionnage croise le destin d’un couple uni par un philtre, traversant
le désert chilien. Elvire est la ligne de hanche de Docteur Chance , et bien plus que cela. Sa
présence magnétique magnifie l’abstraction de ce road-movie fiévreux. Où l’on dévalise le
coffre-fort pour vivre un peu.
Note(s) :
Films français de F. J. Ossang. L’Affaire des divisions Morituri (1985, 1 h 31) ; Le Trésor des
îles Chiennes (1990, 1 h 49) ;Docteur Chance (1997, 1 h 37).

La Matinale du Monde

LA LISTE DE LA MATINALE
C’est la rentrée dans les salles, avec un chef-d’œuvre de l’animation japonaise ( Memories ), et
des têtes d’affiche du cinéma français – Gérard Depardieu et Fanny Ardant dans Les Volets
verts , ou Franck Dubosc avec Rumba la vie. A noter aussi, la reprise des trois premiers longs
métrages restaurés de F. J. Ossang.
Reprise
Energie punk et splendeur du muet : trois films de F. J. Ossang restaurés
Parmi les films les plus inventifs et excitants à (re) découvrir cette semaine, les trois premiers
longs métrages de F. J. Ossang, 66 ans, écrivain, poète, ex-chanteur et pilier de groupes punk :
tournés en pellicule, L’Affaire des divisions Morituri (1985), Le Trésor des îles Chiennes
(1990) et Docteur Chance (1997) sont faits d’une étoffe rare, revisitant le polar et
l’anticipation, nourris de la splendeur des chefs-d’œuvre expressionnistes allemands et russes
des années 1930 (Murnau, Lang, Eisenstein…). L’esthétique du muet (avec ses messages et
ses « cartons ») fait écho à une bande-son industrielle et dissout le temps. Ossang est l’auteur
d’une dizaine de films, dont cinq longs-métrages, le dernier en date, 9 doigts (2018), ayant
obtenu le Léopard du meilleur réalisateur à Locarno (Suisse).
Telles des météorites, ses premiers « longs » ont traversé les décennies sans perdre un ASA de
leur incandescente noirceur. Une étrange histoire de gladiateurs à crêtes dans L’Affaire des
divisions Morituri , film de fin d’études tourné en trois semaines, montage syncopé, univers
gris bleuté (Maurice Ferlet à la caméra). Spectre d’une menace nucléaire et d’un virus
destructeur, dans Le Trésor des îles Chiennes , tourné en cinémascope dans l’archipel des
Açores. Sous l’œil du directeur de la photographie Darius Khondji, l’humanité se consume en
plan large, le visage d’une femme (Mapi Galan) émergeant d’une eau grisée. Roman
d’espionnage et road-movie fiévreux dans Docteur Chance , avec Joe Strummer, leader du
Clash, et Elvire, comédienne et compagne de route du cinéaste, dont la présence magnétique
magnifie l’abstraction de l’œuvre. Clarisse Fabre
Trois films français de F. J. Ossang. L’Affaire des divisions Morituri (1985, 1 h 31) ; Le
Trésor des îles Chiennes (1990, 1 h 49) ; Docteur Chance (1997, 1 h 37).
Cet article est paru dans La Matinale du Monde

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« Jusqu’Ossang », Libération 26 aout 2022

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Le retour du Messagero Killer Boy – L’Humanité 24 aout 2022

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