Le scandale Arthur Cravan – France Culture

article original ici

Une performance documentaire enregistrée au studio 105 de la Maison de la radio le 15 mars 2014, en partenariat avec le Printemps des Poètes

Un documentaire de Stéphane Bonnefoi et Céline Ters

 

Prise de son Philippe Bredin

 

Diffusion le 20 mars 2014 à 23h dans l’Atelier de la création de France Culture.

Quil vienne celui qui se dit semblable à moi que je lui crache à la gueule

Arthur Cravan (1887-1918)

 

Le scandale Arthur Cravan , Louis-Ronan Choisy & Kate Moran sur scène © René Mayer Cohen

Le poète-boxeur Arthur Cravan n’a pas produit plus d’une poignée de vers et distribué plus d’une série d’uppercuts, mais tous empreints d’une telle fulgurance qu’il a marqué les plus grands artistes de la première moitié du XXe siècle (Breton, Cendrars, Duchamp…).

Arthur Cravan est une figure emblématique et contradictoire d’un siècle qu’il a littéralement lancé.

 

Dans sa revue Maintenant, qu’il écrit et distribue seul, le neveu d’Oscar Wilde suscite le scandale en insultant les artistes du salon des Indépendants et ceux de l’avant-garde.

« Le poète aux cheveux les plus courts du monde » donne à Paris et à New-York des conférences à demi-nu, déclame ses poèmes en dansant et boxe contre son ombre. Il marque son auditoire par un curieux mélange de raffinement et de violence, un genre qu’il nomme la Very Boxe. Pratiquée de lui seul…

 

Louis-Ronan Choisy © René Mayer Cohen

On le condamne à la prison, on lui demande réparation pour ses outrances, mais le champion de France des mi-lourds, étrangement, fuit…

Aussi admirable dans l’effacement que dans la provocation, Arthur Cravan brûle sa vie pour mieux élaborer des rêves de grandeur. « Arthur Cravan avait un talent immense qu’il a aussi mal employé que son immense force physique », assure Blaise Cendrars, bien injuste…

Certes, étranger à cette notion, Cravan n’a pas laissé « une oeuvre », mais il a incarné par sa stratégie du scandale permanent, « l’homme nouveau » cher aux courants dominants du début du XXe siècle. « Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes et l’on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme », assure celui qui se disaient être toutes les choses, tous les êtres et tous les animaux.

Kate Moran © René Mayer Cohen

Le 18 octobre 1918, le journal Arte y Deportes annonce un combat entre Jim Smith et Arthur Cravan du côté de Veracruz. Mais Cravan n’apparaîtra pas sur le ring. Pas plus qu’il ne verra Buenos Aires où l’espère sa femme, enceinte, la poétesse Mina Loy…

 

Sur la scène du studio 105 :

* Louis-Ronan Choisy (Arthur Cravan).

* Kate Moran (Mina Loy – poétesse anglaise et femme de Cravan)

* Théo Hakola (guitare électrique, piano, voix) .

 

Théo Hakola  © René Mayer Cohen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entretiens enregistrés :

* Eduardo Arroyo (peintre), Bertrand Lacarelle (auteur de Arthur Cravan, précipité), F.J. Ossang (cinéaste), Olivier Apert (écrivain et traducteur de Mina Loy), Marcel Fleiss et Rodica Sibleyras (galerie 1900-2000).

* Archives : Blaise Cendrars et Claude Meunier.

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F.J. Ossang invité du Cercle Cosaque le Jeudi 13 Mars…

Chers Cosaques,

Bien en amont du festival de Cannes, Jacques de Guillebon et Bertrand Lacarelle recevront à l’occasion du 25ème Cercle Cosaque, le poète F.J. Ossang, créateur de la revue Cée, des groupes DDP (De la Destruction Pure) et MKB-Fraction provisoire (Messageros Killers Boys), et plus grand cinéaste expressionnisto-situ-punk de France.

Parce que « La Littérature bouge dessous les mondes », venez nombreux, jeudi 13 mars, forer avec nous ! Hourrah !

Chers Cosaques,</p>
<p>Bien en amont du festival de Cannes, Jacques de Guillebon et Bertrand Lacarelle recevront à l'occasion du 25ème Cercle Cosaque, le poète F.J. Ossang, créateur de la revue Cée, des groupes DDP (De la Destruction Pure) et MKB-Fraction provisoire (Messageros Killers Boys), et plus grand cinéaste expressionnisto-situ-punk de France.</p>
<p>Parce que "La Littérature bouge dessous les mondes", venez nombreux, jeudi 13 mars, forer avec nous ! Hourrah !

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Terminal Toxique et Hotel du labrador disponibles à la vente !

DISPONIBLE 4 Mars 2014/Ressortie vinyle des 3 premiers 33 tours
MKB Fraction Provisoire : TERMINAL TOXIQUE (1982) – 15 Euros
MORITURI (1984)- 15 Euros
HOTEL DU LABRADOR (1988) – 15 Euros -disponibles chez BORN BAD (Paris)
ou boutique label Euthanasie : http://david.wk.livehost.fr/shop/

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33 ans après…..

Voir sur le site d’Euthanasie Records !

33 ans après le premier concert de M.K.B. à Toulouse. F.J. Ossang prend les commandes du studio Parèlies pour réaliser les masterings (vinyls) de « Terminal Toxique » & « Hôtel du Labrador ».

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Euthanasie Records – Ressortie vinyl « Terminal Toxique » 1982

Terminal Toxique

Après l’annonce de la  ressortie vinyl de « Hotel du labrador », Euthanasie contente à nouveau les fans de MKB en prévoyant la ressortie VINYL de « terminal toxique » (réédité en CD par Seventeen il y a quelques années)

 

Nous retrouverons les titres originaux de l’album de 1982, ainsi que deux titres supplémentaires selon l’image ci-dessous

tracklistla sortie est prévu fin d’hiver 2014, mais nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons plus d’infos !

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Trailer – L’affaire des Divisions Morituri

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Bel article chez Le Feu sacré éditions

à lire ici

 

COOL [SWISS] MEMORIES

imageMaud Pollien (Spoutnik) / Daniel Siemaszko (LUFF) / Fabien Thévenot (Le Feu Sacré) / F.J. Ossang  —  Librairie Le Rameau d’Or, Genève, 15 octobre 2013  — Photo de Masha Mait

imageF.J. Ossang, Genève, 16 octobre 2013 — Photo de Fabien Thévenot

imageLe Trésor des Iles Chiennes (35mm) au LUFF — Lausanne, 18 octobre 2013

imageLecture de Mercure Insolent — Librairie Humus, Lausanne, 19 octobre 2013

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Légende pour une bibliothèque en feu, texte inédit de FJ Ossang

 F.J. Ossang

 Légende pour une bibliothèque en feu

 

Une bibliothèque sert d’abord à rebrousser la mémoire d’une formation. Revenant au pays, parmi les ombrages d’une demeure extérieurement en désolation, je retrouve au bout de plusieurs jours les charmes d’un secret perdu pour toujours – tant d’aventures inachevées, des expériences mentales fortes – poussées à bout, le gravissement d’une ambition affrontée dés l’adolescence contre la solitude fatale : tout finit par suinter de la tapisserie odorant en retrait des volets clos, pour s’évanouir fugitivement dans une brume de sensation équivoque menant droit aux pièces du fond où s’entassent livres et papiers encore humides après l’hiver : la bibliothèque…

 

Ici l’on a trié des ouvrages de circonstance et de contondement, l’horizontal et le vertical se trouvant réunis dans l’abandon d’une actualité. Certains livres ont favorisé l’accession à une socialité littéraire de surface, quand d’autres ont permis de creuser plus avant, de faire effraction, d’ouvrir une brèche à l’expérience nécessaire — immédiate…  mais tous ont connu la même relégation, dans l’ombre humide, l’oubli des saisons, la désaffection de telle Maison Jaune où cependant tout était advenu, en son temps, sauf que le temps a passé…

 

J’ai choisi d’instinct des mots durs comme rélégation, abandon, désaffection qui signalent d’abord les symptômes du temps éprouvé depuis ma jeunesse – c’est une époque où des oeuvres sortirent de la relégation quand d’autres ont connu l’abandon, cependant que d’autres encore couvraient toute l’étendue de la désaffection qui les avait fait naître – la désaffection ne sonne-t-elle pas la grande affaire de ces dernières années… Pourtant ces livres sont toujours là, conservés, remisés certes, mais jamais cédés, comme les originaux en vinyle de l’insurrection rock’n roll dont ils partagent l’écrin poussiéreux, mais point l’acuité…

 

Qu’une chanson s’élève dans le noir, c’est le feu des ans décisifs qui nous reprend et consûme comme au premier après-midi, la rage « d’en découdre avec le vide », tandis qu’une lecture distraite des anciens livres, loin d’éveiller les sentinelles sacrées, active simplement le fantôme des jours et des circonstances où l’on prit conscience d’un pouvoir, d’une autorité, d’une mode sévère à l’endroit des lettres modernes – ces livres caressent un sentiment, désignent l’attrait d’une désuétude, l’éclat poli du soleil sur les pierres bordant la rue tel petit matin où l’on entra chez le libraire, ou ressortit du cabinet d’un éditeur, conscient que ce monde toujours, nous serait interdit…

 

Curieusement ces ouvrages attisent en nous la bordure de souvenirs, et non le coeur, ils effleurent son étoffe au lieu de faire saillir l’éclair d’un couteau, le signal térébrant d’un pubis – ils teignent la mémoire d’une odeur futile, comme une chanson de Dona Summer sur le pas ennuyé de la boîte de nuit où l’on vînt rechercher la coupure d’une lame ou cet empire luisant au bord des cuisses – mais jamais l’appel de la chair, ni le cri de l’être, nevermore!  Leurs pages brouillent, énoncent l’impasse du temps sans rien en dire exactement, la photographie jaunie des auteurs  jadis connus pour leurs positions cassantes, ne casse plus rien. Elle pâlit dans une lueur de chevet embarrassé, tout en aiguisant certaine douleur : quelle chance l’on eût de ne pas se fourvoyer dans leur suite, mais d’être battu à la sortie de cette boîte à tubes aujourd’hui en ruines…

 

Et puis on tombe sur les doubles : des volumes usés à la corde, et cornés comme la pochette des vinyles des Pistols, Ramones ou les Stooges : Antonin Artaud, LF Céline, Grasset d’Orcet, Thomas Wolfe, Lautréamont, Fitzgerald, Witkacy… qu’on ne comprit d’abord tels qu’ils sont — et qui subitement déchirent le ciel plein de veines où l’on est mort tant de fois – perdus à tout, et trouvés maintenant comme ils sont : toujours découronnés, si purs – indiciblement obscènes. A qui l’on fît tant de mal, sauf qu’ils  donnent envie de battre le dépit de Tout!

 

Je n’ai sciemment pas cité d’autres noms pour laisser libre le lecteur de concevoir, imaginer, spéculer – et puis c’est une version parcellaire de l’usage, non : de l’usure poundienne de la bibliothèque… Les uns font acte de boutique, éliment, compensent, trafiquent le prix du sang quand d’autres coupent, vont au vif, maudissent et se damnent, nom de dieu! pour vivre la passion de survivre à tout, passer des caps, saillir et faire hommage à l’ancêtre inconnu qui osât trancher, faire scission, trahir – pas exactement profaner, dénaturer, passer outre…

 

A moins de consommer la fureur qui élève froidement au lieu de courber – des chiens assis nous snobèrent, pas qu’ils mordissent mais nous ont mis à une place impossible, d’où rien n’arrive décisivement – oubliez-moi, c’est ça, effaçons-nous! Baudelaire sans E après le B a bien dit comme il était indispensable de ne pas citer ceux qui voulûrent nous tuer au risque de leur concéder une part de postérité – grisons-les comme ils se grisèrent. La gloire est faite pour l’éclaireur, et non les éteignoirs!…

A part tout ça, sans des livres, on serait mort. La Providence use d’abord de papier, de vinyle – et de celluloïd. La réalité n’existe pas – eux forgent le Réel. Nous y sommes!

 

« L’amour n’est-il valable qu’en période pré-révolutionnaire? » (Debord)

 

 

 

Nowhereland – 6 Juin 2012

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Baader Meinhof Wagen on Youtube

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TWILIGHT’S LAST GLEAMING (L’ULTIMATUM des 3 Mercenaires) de Robert ALDRICH – Transfuge mai 2013

LES DERNIERES LUEURS DU CREPUSCULE

 

TWILIGHT’S LAST GLEAMING (L’ULTIMATUM des 3 Mercenaires)

de Robert ALDRICH

 

L’un des films tardifs les moins connus de Robert Aldrich, TWILIGHT’S LAST GLEAMING, 1977 (L’ULTIMATUM des 3 Mercenaires) ressort sur les écrans, en version longue et restaurée – 144’. Son insuccès à l’époque lui ayant valu d’énormes coupes, il est passionnant de le revoir à 36 ans de distance.

 

QU’EST-IL ARRIVE A BABY JANE, HUSH HUSH SWEET CHARLOTTE, LES 12 SALOPARDS… Qui ne connaît Aldrich et son chef d’œuvre retentissant, KISS ME DEADLY (En 4° Vitesse) manifeste d’une sorte de nouvelle-vague américaine, où le baroquisme et la glaciation affective ferraillent avec le trafic nucléaire…

L’homme est réputé pour sa farouche indépendance, son audace formelle, sa brutalité dans le traitement de la duplicité affective ou sociale. TWILIGHT semble renouer minimalistement avec le fantôme des 12 Salopards tout en substituant à l’ennemi nazi celui de la conspiration militaro-industrielle. Si l’enjeu du film évoque la terreur nucléaire, le fond de la question s’avère le mensonge géneralisé : dans la Raison d’Etat, mais aussi chez les individus qui ne veulent ‘plus rien savoir’.

 

Histoire : Trois évadés s’emparent d’une base militaire contrôlant 9 missiles nucléaires. Le général Lawrence Dell (Burt Lancaster) et deux réchappés du Couloir de la Mort leurrent la garde, puis déverrouillent le sas de la guerre totale. Dell exige que la vérité sur le Vietnam soit enfin proclamée quand ses 2 accolytes ne l’épaulent qu’en échange d’une rançon de 10.000 dollars. Finalement, l’escalade les réunit jusqu’au Point Blank d’où le président des USA lui-même ne reviendra pas. Héroïsme et challenge-suicide se croisent pour ne plus se démêler…

A 2 ans de la fin de la Guerre du Vietnam (on est en 1977), même si l’action du film est située en 1981, TWILIGHT évoque le fond traumatique consécutif à l’un des plus importants conflits périphériques advenus entre les USA et l’URSS – 50000 Victimes américaines et 1 million d’Indochinois tombés pour l’Ultimatum entre les 2 Grandes Puissances…

 

De quoi est-il exactement question ? De faux et de vrai, d’opacité et de transparence, de secret et de démocratie active, de vitalité et de mort, de patriotisme et de désinformation.

De nos jours, tous les possibles sont numérisés pour le piratage, la Nation n’est plus une valeur objective bien que les nationalismes ne cessent de hérisser le poil de la Bête. Bref, on admet tous que le faux est un moment du vrai, afin de mieux remettre en question notre propre réalité… D’ailleurs, a-t-on jamais existé…

 

Le film joue la menace en temps réel, et les atermoiements – le chantage et le passe-passe, le doute et sa conviction sceptique, en 4 écrans logistiques plutôt qu’en split-screen, où la machine dénonce sa propre fiction héroïque. Mais au fond, personne ne croit déjà plus en rien. La menace elle-même fume dans le ciel bleu sans que les milliers de dollars, la sonde apocalyptique, ni une quelconque restauration de la vérité objective ne foulent vraiment la conscience des protagonistes. C’est une machine cinématographique dont la netteté dessine les seuls défis individuels (on dira l’héroïsme, ou le cynisme) cependant qu’une opacité définitive couvre le cadastre des enjeux. Un jour d’autres guerres prendront feu, non plus à la périphérie mais au centre même des grandes puissances – la stratégie est morte avec la réalité, les tacticiens broient du faux sans plus entendre le vrai.

S’ils gagnent du temps, c’est pour mieux perdre le monde.

 

Le film parle de tout autre chose que son scénario. Son excessive clarté ne sert qu’à dénombrer le péril de l’ombre montante. Général Dell ni le Président ni le rebelle noir Willis Boy Powell ne croient en l’utilité du sacrifice – Dell a des accès de jusqu’au boutisme, le président des bouffées d’héroïsme, et Willis-Boy la conviction du fatum, mais tous savent que les dés sont pipés. Ils jouent sans vraiment miser, émondent l’escalade des nerfs, mais fondamentalement ils se cognent du joker.

 

La forme de TWILIGHT est étonnamment claire – c’est un film sans ombre, où le split-screen est rationnellement utilisé pour démontrer l’affrontement médiatique des 2 huis-clos : la cellule de crise de la Maison Blanche avec le Président et ses ‘executive’, et le Bunker où sont réfugiés les 3 ‘terroristes’, selon qu’ils échangent par téléphone et que les caméras de l’une ou l’autre partie capturent ou évitent l’angle mort au centre de la mise tactique…

 

Avec TWILIGHT, Aldrich boucle la boucle : du premier polar nucléaire, effarant d’audace formelle et de froideur psychique – KISS ME DEADLY – au thriller trop clair comme l’atome déréalisé d’un monde parti…

 

F.J. Ossang (1 Avril 13)

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