Cahiers du Cinéma – Débat du 20 mai 2006

sur le site des cahiers du cinéma

. En direct du festival de Cannes


avec F.J. Ossang, cinéaste

Marie-Therese  : Bonjour !!!
Le fils secret et expérimental de Johnny Rotten et John Cage, maintenant grand, vient d’Inonder la Croisette avec son dernier Opus -assisté techniquement par Ben Laden demandant gentiment aux Cinéaste présents de mettre des Images sur sa Musique ou quoi ????? Une explosion d’Ecran Blanc silencieux me semble BiG Banger ce CHAT !!!!!!!!! ????? SLT emmanuel si présent !!!!!!

F.J. Ossang  : Pour l’écran blanc, envoyez vite Hurlements en faveur de Sade. Premier film de Guy Debord.

VincentDel  : Quels sont les cinéastes ou les artistes en général qui sont des sources d’inspiration pour Ossang ? Je crois qu’ il compose la musique de ses films, se sent-il un esprit rock’n’roll proche d’un Jim Jarmusch par exemple ? J’ ai l’ impression que l’ errance, le road movie, le côté  » on the road again  » joue un rôle important dans ses films, je me trompe ?

F.J. Ossang  : J’ai une nature nomade, on peut le dire. Sinon, j’aime surtout le cinéma avant 67.

Rems  : Pourquoi une date aussi précise : 1967 ?

F.J. Ossang  : 67. J’aime beaucoup 56. J’aime beaucoup 67. Je ne sais pas. De façon abrupte, le cinéma se fait en noir et blanc, et en muet.

F.J. Ossang  : Après 67 il y a, me semble-t-il, une rupture. Mais en poussant, on peut aller jusqu’à 78-79 : oeuvres cinématographiques complètes de Debord, Eraserhead, Apocalypse Now, et c’est le moment où j’ai commencé à calculer le temps entre cette année-là et la naissance du cinéma, l’avènement du parlant, et ces années 78, et je me suis dit qu’il fallait vraiment rentrer dans le troisième acte. Troisième acte toujours à venir.

VincentDel  : F.J. Ossang, est-ce votre vrai nom ? franchement, ça sonne bien, est-ce un pseudo ou votre vrai nom ?

F.J. Ossang  : Je suis le cousin lointain d’Ossendowski.

VincentDel  : Avant 67, je vous vois aimer – c’est mon intuition – les films d’ Arthur Penn comme  » La Poursuite impitoyable  » ou  » Bonnie & Clyde « , je me trompe ?

F.J. Ossang  : Yas yas yas.

VincentDel  : F.J. Ossang, êtes-vous cinéphile, cinéphage ou cinéfils ? Par exemple, êtes-vous sensible aux plumes et aux regards d’ un Serge Daney ou d’ un Jean Douchet ?

F.J. Ossang  : entre cinéfils et cinéfuck.

JM  : Comment concidérez vous Debord ? Comme un modèle ?

F.J. Ossang  : Euh. Euh. Point froid d’incandescence.

VincentDel  : Ossang, je dois l’avouer, je connais mal ses films. C’est grave Docteur ?

F.J. Ossang  : C’est parfait.

Marie-Therese  :…….. Ou si elle aura, dans votre film (la musique) La Place.. Structurelle Déterminante ? Primordiale ? Les Images ….. dansant en quelque sorte dans sa structure ? Dans La Dynamique des Forces, MUSICALES, première ?

F.J. Ossang  : Le cinéma c’est toujours, disons, c’est toujours filmer les mots. Quand ils sont filmés on peut les effacer. L’idéal c’est qu’on puisse entendre bruire les films. Voir bruire les films. Je cherche les solutions.

fred76  : M. Ossang voyez-vous des films à Cannes ?

F.J. Ossang  : je vais en voir, j’arrive juste.

JM  : Le parcours pour arriver à faire votre nouveau film a-t-il été difficile ? On parle bcp de difficultés dans la production en France…

F.J. Ossang  : Oui, rendez-vous sur www.lasouscriptionstarkov.com

Rems  : Préférez vous « Wanda » ou « Bonnie and Clyde » ?

F.J. Ossang  : Wanda, de Sacher-Masoch ?

VincentDel  : Ossang, c’ est proche d’ Ozon, non ? Que pense-t-il de son quasi-homonyme ? Bon, je vous l’accorde, j’exagère mais là, je l’avoue, je pâtine quelque peu. A quand remonte le dernier film de F.J. Ossang ?

F.J. Ossang  : Dans les pays du tiers-monde, ce genre de confusion est toujours utile. 98.

Rems  : non, « Wanda » de Barbara Loden

F.J. Ossang  : Ah. Je rigolais.
Wanda, Bonny and Clide… Venus in Furs.

VincentDel  : Ossang, Docteur Chance, Joe Strummer, tout ça c’est rock’n’roll. Alors avez-vous aimez le biopic sur Johnny Cash ? Il était pas mal ce film, non ? Certes, assez illustratif mais, par moments, certains chemins de traverse étaient intéressants, non ? Je pense à la dépendance à l’alcool, à la drogue, aux ampthets.  » Walk The Line « , ça vous parle ou non ?

F.J. Ossang  : Désolé, pas vu.

JM  : filmer les mots suppose un sous texte (comme dans le travail de Godard) ou pas forcement ?

F.J. Ossang  : Un scénario n’est-il pas prétexte ?

Robert  : Salut Jacques, ça me fait plaisir de savoir que tu es toujours sur le pont du navire cinéma.

F.J. Ossang  : Vive le capitaine Mison.

thomas  : Que pensez vous du film de Sofia Coppola ?

F.J. Ossang  : Pas encore vu. Mais je sais que Robespierre a pleuré sur le passage de Marie-Antoinette, a fait fermer les volets.

VincentDel  : Fuck, ça sent l’esprit Punk !!! Vous êtes un rebelle, un poète destroy ?

F.J. Ossang  : Comme dirait Strummer : punk un jour, punk toujours.

JM  : vos films sont en noir et blanc ?

F.J. Ossang  : Deux en noir et blanc, un en couleurs.

VincentDel  : Les Sex Pistols sont-ils ses maîtres après ou avant Dieu ?

F.J. Ossang  : Pendant Dieu.

JM  : scénario prétexte, vous n’aimez pas raconter des histoires ?

F.J. Ossang  : Si. Si. Mais pas des sornettes.

thomas  : J’ai moi aussi été très convaincu par mission impossible 3. Pensez vous que ce film est un juste retour des choses dans l balancement esthétique récent entre série tv et cinéma : alors que récemment, des séries TV (alias, sopranos, 24), ont fortement empruntés à l’esthétique du film en l’inscrivant dans la longueur et l’épisodique, n’est pas intéressant que le film d’Abrams réinscrive le cadre très serré et le développement de la fulgurance dans le grand écran, ce qui donne ce film hybride, curieux, « d’un nouvelle ère » ?

fred76  : Que pensez-vous des films (en général) d’Almodovar, Sofia Coppola et Moretti, les vedettes cannoises de cette année Mr Ossang ?

F.J. Ossang  : J’aime beaucoup Qu’est-ce que j’ai pour métier ça ? J’attends Marie-Antoinette. Je connais mal Moretti.

VincentDel  : Moi, les Punks, j’en croise encore sur le Parvis de Beaubourg. Tiens, association d’idées, Ossang aime-t-il l’art contemporain. Est-ce que des Cindy Sherman ou des Matthew Barney intéressent ce cinéaste bord-cadre et foutraque ?

F.J. Ossang  : J’aime bien Yves Klein. 67.

JM  : C’est quoi une histoire sans sornettes ? Ca existe ?

F.J. Ossang  : Quand on a raté l’histoire, même l’éternité pue.

Marie-Therese  : Comme [ds 1 genre totalement =/= du vôtre I presume] dans les Qat si ou Glass donne la « la » à Reggio (1ere partie zappée….. sorry)

Marie-Therese  : I want to Be a Machine : Nadir’s Big Chance is Over : turn off the lights ….. WE’LL ALL OF US ARE GOING TO BE PUSHED, STAMPED, BRIEFED, DEBRIEFED & NUMBERED : our life is not our own.
Qui Mettra ça en FilmMusic (sorry IrminSchmidt : LIFE OUT OF BALANCE FOREVER k o y a a n i s q a t s i ………………………………….

Emmanuel Burdeau  : Comment présenter la rétrospective au Jeu de Paume ?

F.J. Ossang  : Comment perdre son temps en gagnant quand même. Il y a surtout les cinq films : deux courts et très longs.

Robert  : salut Jacques, c’est nardone

F.J. Ossang  : Tu continues les costumes ? ou la poésie ?

VincentDel  :: Yves Klein, c’ est le chouchou français des collectionneurs américains. Il y aura une grande expo Yves Klein à Beaubourg prochainement. Sans aucun doute, c’ est un grand. Je crois deviner pourquoi Ossang aime Klein, celui-ci oscille entre la spiritualité la plus élevée et un côté allumé avec ses Roses Croix limite zinzin !!!