[Critique ciné] 9 doigts, fulgurante diablerie – Le Vif

THRILLER PARANOÏAQUE | F.J. Ossang signe un exercice de style à rebours total des canons actuellement en vigueur dans le cinéma français.

u coeur des ténèbres. Ça commence comme un film noir, très noir, où des gangsters stylés aux lunettes fumées préparent un mauvais coup depuis leur planque. Mais au huis clos terrestre s’en substitue bientôt un autre, maritime celui-là, la bande embarquant sur un cargo au tonnage radioactif qui transforme la traversée en voyage au bout de la nuit et de la démence. Simples pantins manipulés, les passagers s’accrochent alors aux mots comme à autant de bouées trompeuses tandis que leur prison flottante dérive vers une île fictive semblant concrétiser la somme de toutes leurs peurs… Bienvenue chez F. J. Ossang, (Le Trésor des îles Chiennes, Dharma Guns), cinéaste-sorcier adepte de l’hypnose. Ses images sublimes, fantasmes d’un autre temps, convoquent les fantômes du cinéma des années 20 et 30, citant le Nosferatu de Murnau comme le Vampyr de Dreyer dans un grand opéra d’ombres et de lumière. Les éternels rieurs, bien sûr, trouveront matière à torpiller cet exercice de style portant la théâtralité, et même la fausseté, en étendards, à rebours total des canons actuellement en vigueur dans le cinéma français. Aux autres la promesse d’un envoûtement, d’une fascinante diablerie où le mystère et l’hermétisme culminent en fulgurants jaillissements poétiques.

 

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