Bouche proférant indifféremment anathèmes et louanges,
Tu es liée à la parole comme la verge au vagin
Et lorsque, en de rares occasions, tu t’imagines
Faire fusionner fécondant et fécondé
C’est l’orgasme qui transparaît.
Alors, délurée, la parole prend le dessus
Et te renvoie à ton rôle d’adjuvant du trop-dit,
Tu perds de ta superbe en te contusionnant en tous sens ;
Jamais plus tu ne feras rêver.
Allonge-toi, livre-toi aux basses œuvres de l’énonciation ;
Je n’en ai que faire
Mais tais-toi !
Je te voudrais charmante et servile,
Ne s’ouvrant qu’aux balbutiements de mes sollicitations,
En proie au tourment qui m’enivre
Parce que je n’ai que toi
pour chanter
pour parler
pour sucer
pour inspirer
pour goûter aux larmes amères
pour pourlécher mes sentiments
pour me nourrir.
Le jour où tu mourras, il me faudra ingurgiter
Victuailles par le cul.
Ce jour-là je verrais si, contrariée, tu ressusciterais
Et vomirais.
Ô bouche réceptacle de mes nuits abrégées.

  

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