Maison Écrivez-nous !  

Société

Textes

Images

Musiques

  Contemporains

 
   

Favoris (Les)
 

 
 


fichier .rtf
 

pointj.gif (73 octets) JOURNAL MALADE
  

 

 

 

Charles Bösersach

JOURNAL MALADE

 
 

Semaine du 07 au 13 mai 2001.

 
 

   

 le 7

Lorsque J. travaille, je m’absorbe tout entier dans des tâches domestiques qui, pour la plupart, m’enchantent et surtout me reposent par leur simplicité.
Je sors un moment, marchant sans but ; j’observe mes semblables ( ?). Enfin j’écris un peu mais cela n’occupe guère qu’une à deux heures par jour.
Il m’arrive de penser (de rêvasser plutôt).

(Ce n’est pas parce que tu suces que tu dois avoir l’air idiote.)

 8 mai

Comme dire à ces « amis », qui me reçoivent fort agréablement et, au digestif, me demandent ce que je pense de leurs filles (qui sont allées faire un tour) — comment leur dire « l’aînée [elle a dix-huit ans], je la verrais bien ligotée sur un sommier, dans une cave sordide, livrée à une bande de vieillards pervers ; et l’autre [15 ans] a un visage délicieux qu’on ne peut s’empêcher d’imaginer couvert de sperme »… Même si je le disais, ils ne me croiraient pas, et les filles m’aiment bien…

 Me9

(Si je bande un peu mou, je la baise ; autrement, je l’encule.)

J. a très vite appris, pour me faire plaisir, à jouer avec des bouteilles.

Elle est fille unique. Elle a perdu « une petite sœur » quand elle avait six ans. D’où sans doute cet exquis fond de culpabilité qui, à tous deux, fait nos délices — notre fonds de commerce.

 J10

Petit jeu entre nous : elle s’assoit sur mes genoux et se trémousse jusqu’à me faire bander (ensuite, c’est selon…). Ce jeu est extrêmement plaisant lorsque nous sommes nus.

Je décide de ses vêtements. De sa coiffure (ce chignon trop sévère — au goût de ses collègues — qu’elle porta des mois durant avant de se faire couper les cheveux — trop courts, au goût de ses collègues). Soutien-gorge flatteur, toujours. « Il faut que tes étudiants puissent se branler en pensant à tes seins ». Elle sourit. Rouge à lèvres trop sombre au goût de ses collègues. Et culotte trop serrée, qui rentre dans le sexe, irrite, et lancinante rappelle sa présence. Et vous ferez ceci en mémoire de moi.

 le 11

Je me suis fait une autre amie (L.). Nous flirtons devant J. Cela plaît beaucoup à ma nouvelle amie. Vers minuit j’envoie J. au lit et nous continuons (mais pas aussi loin que je l’aurais souhaité).

« Vacances » : rien de changé : ma bite, un stylo, un cahier.

(La voix gentille de l’homme méchant.)

 S.12

Collège : les filles délurées. L’air déluré. A côté d’elles, J. ne ressemble à rien : c’est une vieille (et moi donc !). Mais cette « vieille » possède un sens de la saloperie que nombre de ces gamines ne connaîtra jamais.

Sur les quais, dans la voiture (dans sa voiture) : elle lèche la vitre tandis que l’homme, dehors, frotte son sexe puis jouit sur la vitre. Trop chaud, trop de cigarettes — trop de fatigue.

 Dim.13

Dans tout ce que je peux imaginer, il y a la part que je ne puis concevoir accomplir : tout ce qui risquerait de blesser gravement, mutiler ou tuer J. Il y a aussi ce qui me dégoûte : les jeux avec les excréments, par exemple. J’aime la punir (et elle apprécie également, à sa manière) mais il faut éviter, car elle a une vie sociale et une respectabilité à préserver, tout ce qui marque, tout ce qui serait matière à suspicion. Au fond, nous sommes timorés. Pourtant, lui dis-je, une femme, même masochiste, a bien le droit d’assouvir ses désirs (paradoxe !)…
— Tout est si compliqué (elle soupire)… déjà que je ne fréquente guère mes collègues, que mes parents ne te connaissant pas, que…
— Tu veux me présenter à tes parents ? Comme « ton ami » ? « un ami » ? ton concubin, ton tortionnaire… ?
— Si on se mariait ?
J. revient souvent à la charge. L’idée me plaît. C’est pourquoi je ne peux y souscrire (y souscrire facilement). Je reste silencieux, je regarde attentivement un détail du plancher qui jusque là m’avait échappé.
— T’épouser ? Pour le coup, ce serait un scandale… (cette aimable conversation se déroule au lit ; J. a son collier, les poignets attachés dans le dos ; elle respire mal. Pour couper court j’appuie sur sa tête ; docile, sa bouche se pose sur mon sexe).

         

 

Charles Bösersach

Charles Bösersach  
    

  
maison   société   textes   images   musiques